Articulations sacro-iliaques

Puissantes et conçues pour la transmission des charges, les articulations sacro-iliaques se composent chacune d'une articulation synoviale antérieure (mettant en présence les surfaces auriculaires du sacrum et de l'ilium recouvertes de cartilage articulaire) et d'une syndesmose postérieure (qui réunit les tubérosités des mêmes os). Les surfaces articulaires (auriculaires) de l'articulation synoviale sont garnies de reliefs et de dépression, mais leurs irrégularités se correspondent et s'emboîtent. Différant en cela de la plupart des articulations synoviales (diarthroses), les articulations sacro-iliaques sont peu mobiles et leur fonction principale est de transmettre le poids de la presque totalité du corps aux os coxaux. Le poids est transmis du squelette axial vers les deux iliums puis aux deux fémurs en station debout ou aux deux tubérosités ischiatiques en position assise. Aussi longtemps que les surfaces articulaires restent fermement apposées, les articulations sacroiliaques restent stables.

Contrairement à la clef de voûte qui se trouve au sommet d'une arche, le sacrum est en réalité suspendu entre les deux os coxaux auxquels il est solidement arrimé par les ligaments sacro-iliaques postérieurs et interosseux. Les minces ligaments sacro-iliaques antérieurs représentent simplement la partie antérieure de la capsule de ces articulations synoviales. Les épais ligaments sacro-iliaques interosseux (profondément situés entre les tubérosités du sacrum et des iliums où ils occupent un espace d'environ 10 cm2) sont les principales structures impliquées dans la transmission du poids de la partie supérieure du corps du squelette axial aux deux iliums du squelette appendiculaire. Les ligaments sacroiliaques postérieurs représentent en fait la partie superficielle de cette même masse de tissu fibreux. Les fibres des ligaments sacro-iliaques interosseux et postérieurs sont dirigées obliquement vers le haut et le dehors à partir du sacrum ; la poussée pondérale axiale qui s'exerce sur le sacrum attire donc les iliums vers le dedans (médialement) ; ceux-ci compriment ainsi le sacrum entre eux et contribuent à coapter les surfaces articulaires en présence. Les ligaments ilio-lombaires ne jouent qu'un rôle accessoire dans ce mécanisme.

Inférieurement, les ligaments sacro-iliaques postérieurs sont unis à des fibres qui s'étendent de chaque côté du bord postérieur de l'ilium (entre les épines iliaques postéro-supérieure et postéro-inférieure) à la base du coccyx ; elles appartiennent aux ligaments sacro-tubéraux (grands ligaments sacro-sciatiques). Chacun de ces gros ligaments s'étend entre d'une part les bords postérieur de l'ilium et latéral du sacrum et du coccyx et d'autre part la tubérosité ischiatique ; il transforme ainsi la grande échancrure sciatique de l'os coxal en un large foramen sciatique. Le ligament sacro-épineux s'étend du bord latéral du sacrum et du coccyx à l'épine sciatique et divise ce foramen en deux parties : les grande et petite ouvertures ischiatiques.

Deux facteurs contribuent à limiter les mouvements des articulations sacro-iliaques : l'imbrication des os en présence et les épais ligaments sacro-iliaques ; ce ne sont normalement que de légers mouvements de glissement et de rotation. Toutefois, lorsque ces articulations sont soumises à de très fortes contraintes, par exemple après un saut en hauteur ou lorsqu'on porte une lourde charge en station debout, une force exceptionnelle est transmise par les corps des vertèbres lombaires à la partie supérieure du sacrum. Comme ce transfert pondéral se produit en avant de l'axe des articulations sacro-iliaques, l'extrémité supérieure du sacrum a tendance à pivoter vers le bas et l'avant. Cependant, cette tendance à la rotation est contrebalancée par la résistance des puissants ligaments sacro-tubéraux et sacro-épineux qui ancrent la partie inférieure du sacrum à l'ischion et s'opposent à sa rotation vers le haut et vers l'arrière. La tension de ces ligaments permet néanmoins de légers mouvements vers le haut de l'extrémité inférieure du sacrum par rapport aux os coxaux, ce qui confère une certaine élasticité à la région sacro-iliaque lorsque la colonne vertébrale doit faire face à une brusque augmentation des charges ou des contraintes qu'elle subit.