Artère iliaque interne

Chaque artère iliaque interne (a. hypogastrique) présente une longueur d'environ 4 cm ; elle prend naissance en avant de l'articulation sacro-iliaque par la bifurcation de l'artère iliaque commune (a. iliaque primitive) en artères iliaques externe et interne ; cette bifurcation se situe à la hauteur du disque IV L5/S1. L'uretère croise l'artère iliaque commune ou ses branches terminales au niveau de la bifurcation ou un peu plus distalement. L'artère iliaque interne est séparée de l'articulation sacro-iliaque par la veine iliaque interne et le tronc lombo-sacral. Elle descend ensuite dans le petit bassin vers l'arrière et médialement, sur le côté médial de la veine iliaque externe et du nerf obturateur et latéralement au péritoine. L'artère iliaque interne est l'artère principale du bassin ; elle irrigue la plupart des viscères pelviens et certaines stmctures musculosquelettiques du bassin ; toutefois, elle donne aussi des branches aux régions glutéale, médiale de la cuisse et au périnée.

Bien que sujette à de fréquentes variations, l'artère iliaque interne se termine en général au niveau du bord supérieur de la grande ouverture ischiatique en se divisant en deux troncs, l'un antérieur et l'autre postérieur. Les branches du tronc antérieur de l'artère iliaque interne sont essentiellement viscérales et irriguent notamment la vessie, le rectum et les organes de la reproduction. Ce tronc abandonne toutefois aussi des branches pariétales qui se dirigent vers les régions glutéale et de la cuisse. La disposition des branches viscérales est variable. Les artères qui vont maintenant être décrites naissent habituellement du tronc antérieur de l'artère iliaque interne.

Artère ombilicale.

Avant la naissance, les artères ombilicales sont les principaux prolongements des artères iliaques internes ; elles cheminent le long de la paroi latérale du bassin puis montent sur la paroi abdominale antérieure en direction de l'anneau ombilical où elles s'engagent dans le cordon ombilical. Elles acheminent le sang pauvre en oxygène et en nutriments du fœtus vers le placenta où il sera réapprovisionné. Après la section du cordon ombilical, la partie distale de ces artères cesse d'être fonctionnelle et se ferme distalement par rapport à l'émergence des branches destinées à la vessie urinaire ; cette partie s'atrophie et se transforme en un cordon fibreux, le ligament ombilical médial (résidu fibreux de l'artère ombilicale). Les ligaments gauche et droit soulèvent le péritoine pour former les plis ombilicaux médiaux sur la face profonde de la paroi abdominale antérieure. Après la naissance, la partie perméable de l'artère ombilicale chemine vers le bas et l'avant entre la vessie urinaire et la paroi pelvienne latérale ; elle abandonne une (ou plusieurs) artère vésicale supérieure qui se divise en de nombreuses branches pour la face supérieure et le fond de la vessie urinaire. Chez l'homme, l'artère du conduit déférent prend habituellement son origine sur une branche de l'artère vésicale supérieure.

Artère obturatrice.

Son origine est variable, mais en général elle prend naissance près de l'artère ombilicale où elle est croisée par l'uretère. L'artère obturatrice chemine ensuite vers l'avant et le bas à la surface du fascia obturateur sur la paroi pelvienne latérale, pour bientôt prendre place entre le nerf obturateur audessus et la veine obturatrice en dessous. Elle quitte alors le petit bassin en traversant le canal du foramen obturé (canal sous-pubien) et se distribue aux muscles de la région médiale de la cuisse. Avant de quitter le bassin, l'artère obturatrice abandonne des branches musculaires, une artère nourricière pour l'ilium et un rameau pubien. La branche pubienne prend naissance juste à l'entrée du canal du foramen obturé ; elle monte sur la face pelvienne du pubis et s'anastomose avec le rameau pubien hétérolatéral ainsi qu'avec la branche pubienne del'artère épigastrique inférieure, une branche de l'artère iliaque externe. Chez environ 20 % des individus, une artère obturatrice aberrante ou accessoire naît de l'artère épigastrique inférieure et descend dans le petit bassin en suivant le trajet habituel du rameau pubien. Les chirurgiens qui procèdent à une réparation de hernie doivent avoir cette variation courante à l'esprit.

Artère vésicale inférieure.

Cette artère est propre au sexe masculin ; elle est remplacée chez la femme par l'artère vaginale. Elle se dirige vers le fond de la vessie et irrigue la vésicule séminale (glande vésiculaire), la prostate, le fond de la vessie et la partie inférieure de l'uretère. Les branches destinées au conduit déférent et à la prostate sontl'artère du conduit déférent (a. déférentielle) etl'artère prostatique. L'artère du conduit déférent peut naître de l'artère vésicale supérieure.

Artère rectale moyenne (a. hémorroïdale moyenne).

Elle peut prendre naissance directement sur l'artère iliaque interne ou bien former un tronc commun avec l'artère vésicale inférieure ou l'artère honteuse interne. Les artères rectales moyennes gauche et droite irriguent la partie basse du rectum et s'anastomosent avec les artères rectales supérieure et inférieures ; elles abandonnent également des branches pour la vésicule séminale et la prostate (ou le vagin).

Artère vaginale.

Elle est l'homologue de l'artère vésicale inférieure de l'homme. L'artère vaginale chemine vers l'avant et arrive sur le côté du vagin où elle abandonne de nombreuses branches aux faces antérieure et postérieure du vagin, à la partie postéro-inférieure de la vessie urinaire et à la portion pelvienne de l'urètre. Elle s'anastomose avec la branche vaginale de l'artère utérine homolatérale.

Artère utérine.

Elle naît en général directement et séparément de l'artère iliaque interne, mais il se peut qu'elle prenne naissance sur l'artère ombilicale. L'artère utérine est l'homologue de l'artère du conduit déférent de l'homme. Elle descend le long de la paroi latérale du petit bassin, en avant de l'artère iliaque interne, puis pénètre dans la base du ligament large. À cet endroit, elle s'infléchit médialement pour atteindre le bord latéral de l'utérus juste au-dessus de la partie latérale du fornix (cul-de-sac) du vagin. Lorsqu'elle s'infléchit médialement au sein du ligament large, l'artère utérine passe juste audessus de l'uretère, à proximité de la partie latérale du fornix vaginal. Pour se souvenir du rapport de l'uretère avec l'artère utérine, on se rappellera de la phrase L'eau (urine) passe sous le pont (artère utérine).

En abordant le bord latéral du col utérin, l'artère utérine se divise en une grosse branche ascendante qui chemine le long du bord latéral de l'utérus et irrigue le corps et le fond de cet organe, et une petite branche vaginale descendante qui se distribue au col utérin et au vagin. La branche ascendante se bifurque en branches ovarique et tubaire (a. tubaire interne) qui s'anastomosent entre les feuillets du ligament large avec les branches correspondantes de l'artère ovarique homolatérale ; elles irriguent les extrémités médiales de l'ovaire et de la trompe utérine.

Artère honteuse interne.

Plus volumineuse chez l'homme que chez la femme, cette artère se dirige inféro-latéralement, en avant du muscle piriforme et du plexus sacral. Elle passe entre les muscles piriforme et coccygien et quitte le bassin par la partie inférieure de la grande ouverture ischiatique (foramen infrapiriforme, pertuis sous-pyramidal). L'artère honteuse interne contourne ensuite la face postérieure de l'épine sciatique ou du ligament sacro-épineux (petit ligament sacro-sciatique) et pénètre dans la fosse ischio-anale par la petite ouverture ischiatique. Accompagnée par les veines honteuses internes et les branches du nerf honteux, l'artère honteuse interne s'engage alors dans le canal honteux (canal d'Alcock) sur la paroi latérale de la fosse ischio-anale. À sa sortie de ce canal, médialement à la tubérosité ischiatique, l'artère honteuse interne se divise en deux branches terminales : les artères dorsale et profonde (caverneuse) du pénis ou du clitoris.

Artère glutéale inférieure (a. fessière inférieure).

Elle passe vers l'arrière entre les nerfs sacraux (d'habitude entre S2 et S3) et quitte le bassin par la partie inférieure de la grande ouverture ischiatique, sous le muscle piriforme (foramen infrapiriforme, pertuis sous-pyramidal). Elle irrigue les muscles et la peau de la fesse et la face postérieure de la cuisse.

Tronc postérieur de l'artère iliaque interne.

Les trois artères suivantes sont des branches du tronc postérieur de l'artère iliaque interne :

  • Artère glutéale supérieure (a. fessière supérieure). Elle se dirige vers l'arrière et passe entre le tronc lombo-sacral et la branche ventrale du nerf SI. Elle quitte le petit bassin par la partie supérieure de la grande ouverture ischiatique, au-dessus du muscle piriforme (foramen suprapiriforme ; pertuis sus-pyramidal), pour se distribuer aux muscles fessiers dans la région glutéale.
  • Artère ilio-lombaire. Elle présente un trajet récurrent vers le haut et latéralement (en se coudant brusquement vers l'arrière par rapport à son origine) et pénètre dans la fosse iliaque. Dans cette fosse, l'artère ilio-lombaire se divise en une branche iliaque qui irrigue le muscle iliaque et l'ilium, et une branche lombaire qui se distribue aux muscles grand psoas et carré des lombes.
  • Artères sacrales latérales (aa. sacrées latérales). Elles comprennent de chaque côté une artère supérieure et une artère inférieure qui peuvent résulter de la division d'un tronc commun. Les artères sacrales latérales cheminent en direction médiale et descendent en avant des branches ventrales des nerfs sacraux en abandonnant des branches qui s'engagent dans les foramens sacraux pelviens (trous sacrés antérieurs) ; elles irriguent les méninges spinales qui entourent les racines des nerfs sacraux. Quelques-unes de ces artères sortent du canal sacral par les foramens sacraux dorsaux (trous sacrés postérieurs) et se distribuent aux muscles érecteurs du rachis et au revêtement cutané de la région sacrale.

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